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Capturer la saveur avec la Foodisterie

Bienvenue dans l’univers créatif et gourmand de Maureen alias la Foodisterie, une photographe et styliste culinaire qui capture l’âme gustative de chaque plat à travers son objectif. Au fil de cette entrevue, Maureen nous partage son histoire, ses inspirations artistiques, les projets mémorables qui ont jalonné son parcours, mais également les défis qui ont façonné son approche unique pour sa passion. 

inspirons : Peux-tu te présenter ainsi que ton parcours ?
Maureen : Je m’appelle Maureen, j’ai 29 ans et cela fait 4 ans et demi que je me suis lancée dans la photographie culinaire, en tant que créatrice de recettes, styliste culinaire, directrice artistique et vivant principalement de la photographie culinaire. On me connaît sous le nom de la Foodisterie.
J’ai commencé par les arts quand j’étais au lycée avec le BAC STI arts appliqués (à l’époque je voulais être styliste dans la mode), puis j’ai fais une licence en sciences du langage information et communication à Dijon, un Bachelor en création publicitaire à Lyon et enfin un Master en Direction Artistique à Paris. J’ai réalisé plusieurs stages et alternances : dans une agence en production audiovisuelle (studio Picabel), en alternance 1 an sur Paris pour une marque de luxe (mode) en tant que chargé de communication / graphiste / photographe et 6 mois au sein du siège ETAM (marque de vêtement) en tant que coordinatrice- productrice du studio photo de la marque. Je continue en parallèle de tout ça à me demander si je ne devrais pas me tourner vers la cuisine, car depuis petite, la cuisine me passionne.

inspirons : Comment as-tu découvert la photographie culinaire et comment as tu développé tes compétences dans ce domaine ?
Maureen : En habitant sur Paris, j’entends parler pour la première fois du terme de free-lance, et me renseigne de plus en plus sur ce qui me plaît : réaliser des recettes, et faire des photos, mais également partager ce travail sur les réseaux sociaux et sur des blogs. C’est à ce moment-là, en faisant des recherches google que je tombe sur des blogueuses et que je comprends que le métier de photographe culinaire / styliste culinaire existe.
Je réalise des shooting à la maison, je lis beaucoup d’article sur comment réaliser des photos culinaires : quel matériel acheter, etc. Je commence alors à réaliser des photos sur ma table de basse du salon, avec des sets de table qui ont des imprimés : marbre, bois ou une matière particulière, avec différentes couleurs, que je trouve dans des boutiques telles que « Du bruit dans la cuisine ». J’achète des petites tartelettes dans la boulangerie en bas de chez moi pour avoir une matière à shooter et c’est comme ça que je commence à shooter du culinaire de manière plus sérieuse (autre que par mon téléphone).
Je suis à ce-moment là en master Direction Artistique à travailler pour cette marque de luxe pendant 1 an, mais je sais que ce sera probablement le secteur culinaire mon avenir, et ce qui est déjà ma passion. (J’avais déjà démarché des agences de communication culinaire pour mes stages et mon alternance, mais je n’avais jamais obtenu de réponse favorable, donc la mode avait été mon deuxième choix).

Ce que j’aime le plus, c’est improviser dans un lieu avec juste mon appareil en main et laisser faire mon imagination.

inspirons : Peux-tu nous expliquer les différentes étapes d’un projet et le déroulement d’un shooting ?
Maureen : Discussion avec mon client : quelle image veut-il transmettre de sa marque / son établissement ? Quelles types d’ambiances / de photo veut-il ? Proposition de moodboard suite à ces échanges. Achat de matériel si besoin : fonds photo, vaisselle, vêtements (pour les figurants éventuels), nourriture (s’il y a création de recettes pour mon travail avec les agences par exemple). Si on me demande une prestation de création de recettes, je vais devoir proposer plusieurs recettes à la marque / l’agence en question et parfois devoir réfléchir au nutriscore et à l’aspect santé de la recette.
Il y a également la rédaction de la recette à transmettre après le shooting, en plus des photos à retoucher. Parfois les recherches portent sur la gastronomie, par exemple pour le fromage “ETORKI” qui est un fromage basque. J’ai dû me renseigner sur la gastronomie basque pour essayer de trouver des choses plus originales que de la charcuterie et le piment d’espelette car l’idée était d’intégrer le fromage à des recettes quotidiennes, mais toujours avec une petite touche basque originale. Dans ce cas-là les recherches peuvent prendre plusieurs heures. Il faut également trouver les boutiques spécialisées sur Lyon et si elles n’existent pas, commander sur des sites en ligne pour les produits bien spécifiques.
Jour J : shooting avec tout le matériel apporté / parfois gestion de figurants en plus. Les shooting peuvent durer de 2h à 6h, tout dépend de la demande (shooting avec une recette à faire le jour J, c’est beaucoup plus long que mes shooting reportage au sein d’un restaurant).
Et enfin, post traitement qui me prend plusieurs heures également et envoi des photos à mon client. Si je n’arrive pas à choisir je lui propose une planche contact pour qu’il puisse sélectionner les photos qu’ils souhaitent et dans ce cas-là je retouche seulement après sa sélection.

inspirons : Quels sont les défis spécifiques liés à la photographie culinaire ? Il y a t’il des outils et des équipements que tu trouves essentiels dans ton travail ?
Maureen : Il y a la concurrence toujours plus grande liée au métier de photographe, car aujourd’hui on peut devenir photographe du jour au lendemain (plus ou moins évidemment). Se renouveler et suivre les tendances culinaires, que ce soit au niveau des recettes et de l’art de la table, c’est très important.
Le milieu de la restauration n’étant toujours pas simple, il faut se préparer toujours à shooter dans de mauvaises conditions lorsqu’il s’agit de reportages dans des restaurants « classiques » où le restaurateur n’a pas vraiment le temps ni la volonté de faire les choses bien. Par exemple, ne vouloir organiser un shooting en même temps que le service du midi, donc devoir shooter sur un bout de table, des plats qui doivent parfois être redonnés aux clients, donc avoir 3 minutes pour shooter un plat, alors qu’on voudrait en avoir 15. Parfois, le défi est de réaliser des photos correctes quand on n’a aucune bonne condition de travail face à des personnes qui n’ont jamais le temps.
Le défi principal aussi et surtout, c’est lors des shooting recettes avec des marques telles que Tartare, c’est de créer des recettes novatrices, mais qui restent réalisables par la population, que les parents puissent reproduire le soir en rentrant du travail. Ce n’est pas toujours simple d’avoir des idées originales quand le brief est de penser simple.
Le matériel indispensable pour moi : Mon Sony A7RIII, mon objectif tamron 28-75mm (et bientôt un objectif macro 105mm), des fonds photos de différents sites que j’affectionne (PastryandTravel , Capture By Lucie, Errer backdrops).

inspirons : Peux-tu nous partager un projet qui a été particulièrement stimulant ou mémorable pour toi ?
Maureen : Il y a 3 ans, j’ai eu l’occasion d’assister à un tournage publicitaire pour le beurre Maison Lescure (Elle et Vire), j’étais la photographe plateau / backstage et j’ai adoré aller dans le Sud et découvrir les coulisses d’un tournage publicitaire.
Un autre projet que j’ai particulièrement aimé : mon travail avec le restaurant Dolce By Sicilians (2022/2023) qui m’a permis de réaliser une Direction artistique poussée (pour un restaurant), et qui m’a parmi de me lier d’amitié avec Luca Morréale, le fils des patrons, qui lui aussi est directeur artistique et qui a pu bien comprendre et m’aider dans ma vision artistique (et qui en plus a une fibre assez mode dans sa vision).
Plus Récemment, j’ai travaillé pour une boulangerie et j’ai adoré transmettre une ambiance traditionnelle, et les beaux produits du boulanger avec une modèle qui jouait le rôle de la boulangère et avec qui j’ai passé un super moment pendant 2 jours à travailler, mais aussi nouer de vrais liens.

inspirons : Comment qualifierais-tu ton style ? Y a-t-il des photographes ou des artistes qui t’influence particulièrement ?
Maureen : Je n’arrive honnêtement pas à définir mon style, on me dit que j’en ai un mais personnellement je trouve que je n’ai pas de style particulier.
J’adore le travail de The Travel Buds, Marine de PookieCookiestudio, Nicolas Villon, mais aussi des photographes tels que The Green Quest, The little Plantation, Twiggs studio, ou encore Sandrine Saadi, mais aussi Maki Manoukian.

inspirons : En matière de retouches, quel est ton processus pour maintenir un équilibre entre l’amélioration visuelle et la préservation de l’authenticité des aliments ?
Maureen : Je retouche mes photos sur lightroom et parfois photoshop pour les petits détails. Je retouche les couleurs, les ombres, la texture, la luminosité, le contraste et ne retouche rien d’autre si on ne me le demande pas. J’aime que les photos soient réalistes.

inspirons : Que préfères-tu dans ce métier ?
Maureen : Tout, honnêtement. Ce que j’aime le plus c’est quand on me fait totalement confiance, qu’on me laisse gérer tout le projet de A à Z, sans y ajouter son grain de sel. Que le client me fasse une confiance aveugle pour que je puisse réaliser le projet tel que je l’imagine.
J’aime autant cuisiner, créer des recettes que les shooter. Peut-être que ce que j’aime le plus c’est improviser dans un lieu avec juste mon appareil en main et laisser faire mon imagination.

inspirons : Quels conseils donnerais tu à ceux qui aspirent à devenir photographe culinaire ?
Maureen : Ne rien lâcher et faire les choses par passion.

inspirons : Hormis la photographie culinaire, as-tu un domaine que tu aimerais explorer davantage à travers ton objectif ?
Maureen : Oui, c’est ce que je fais déjà : le domaine du bien-être, le mariage et la photographie de produits pour les créateurs.

inspirons : Une personne talentueuse et inspirante a recommandé à Inspirons ?
Maureen : Marie Laforêt qui est une photographe, créatrice de recette vegan de talent, et qui est une entrepreneure incroyable et un modèle de réussite à mon sens.

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